Jacques Chancel
Président d'honneur du festival

Président d’honneur du premier Festival Dijon Bourgogne des Musiques Sacrées du Monde, Jacques Chancel est le parrain de la seconde édition et lancera les 1ères « Rencontres de Dijon » placées sous l’égide de la Charte des Rencontres et des Musiques Sacrées du Monde.
Aux chocs actuels, ce Festival oppose les liens du dialogue et de la pause, du sourire et de la musique, du plaisir des arts et fait réflexion en action.

Humble et généreux passeur des émotions les plus intenses, des sentiments les plus profonds, des pensées les plus incisives, Jacques Chancel incarne à la perfection les qualités secrètes des personnalités qui font doucement basculer le monde dans une éducation culturelle non-violente, efficace et active.
Il est une personnalité que l'on ne présente plus : journaliste, producteur et présentateur à la radio, il a aussi participé à la rédaction de nombreuses revues de la presse écrite telles que "les Ecrits de l'image" créée en 1993, ou encore "Jours de France" en 1986-87.
Il est l'auteur d'une dizaine de livres dont les "Radioscopies" (Ed. Robert-Laffont), six volumes écrits entre 1970 et 1978 et qui s'inspirent de l'émission de radio du même nom.
Décoré à plusieurs reprises (Chevalier de la Légion d'Honneur, Officier de l'Ordre National du Mérite, Commandeur des Arts et des Lettres), sa carrière l'a mené au plus haut niveau dans le domaine de l'audiovisuel, notamment grâce à son émission "Le Grand Echiquier" sur TF1 ou "Figures de Proue" sur France-Inter.

Nouveau siècle : journal 1999-2002 - Editions du Rocher - Extrait de l’ouvrage

« …De Dijon, je ne savais pas grand chose. J’y étais passé en feu follet comme tant et tant que le temps presse. Je m’y attarde un peu plus aujourd’hui, convié à présider le premier Festival des musiques sacrées du monde. Admirable ville dont je découvre, dès l’arrivée, les « cuisines ducales », édifiées en 1433 et couvertes d’une voûte à huit ogives, agrémentées de six cheminées monumentales assez vastes pour rôtir (autrefois) les bœufs entiers. Beautés de la cathédrale, des églises, des Etats de Bourgogne, du Jeu de Paume, des hôtels particuliers toujours en place qui furent cercles littéraires, des jardins… et de l’Auditorium qui accueille notre manifestation.

Il n’est pas en France de plus somptueux théâtre, de meilleur acoustique pour le lyrique, les grandes œuvres. Et je m’insurge ici contre Paris qui n’a pas la moindre salle pour son propre Orchestre : stupidité des retards dans la décision politique. Faudra-t-il revenir demain au Palais de Chaillot ? Mais c’est Dijon qui, à cette minute, m’occupe, autour de musiques qui sont autant de voies de la paix et de voix (sublimes) des trois religions pour un soir réconciliées. On se prend à pleurer à l’écoute de Françoise Atlan (la juive), de Hayet Ayad (la musulmane), d’Anna Mayalian (la chrétienne). Là est le message : la parole souvent divise, la musique toujours rassemble. Le chant sacré n’a pas de pays. Il est l’expression universelle, l’effervescent qui touche l’indicible, une fraternité qui s’est délivrée de tout clivage. Et puis viennent à nous, sur cette scène idéale, appelés par Gérard Kurdjian et Sylvie Mauchamp, les Maîtres de musique d’Arménie que je ne connaissais pas. Des interprètes de haute qualité. Des instruments traditionnels : le tar (luth à long manche), le kamantché (vielle à pique), le saz (luth), le doudouk (sorte de haut bois), le chevi (voisin de la flûte), le dehol et le def (tambours sur cadre). Une couleur spécifique qui porte l’empreinte de l’histoire arménienne, mouvementée et souvent douloureuse. A la suite de ce concert inaugural, le festival annonce pour les jours prochains des artistes du Chili, du Mexique, de Harlem, du Maroc. Prolongement assuré, assumé des rencontres de Fès, imaginées sur le même modèle. Jumelage de deux nobles cités. Coup d’envoi réussi… ».


 
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