Le funambule de la lettre

Laurent Rébéna a acquis au fil des années une maîtrise de son art, comparable à celle du paysagiste, un style qui sait tirer le meilleur parti du terrain qui lui est attribué et qui compose aussi bien avec une formule classique ( à la Française ou à l’anglaise) qu’avec les reflets d’un univers intime.
Un encrier en bandoulière … agissant sans précipitation et avec des matériaux qu’il sait à sa mesure, Laurent Rébéna n’est pas de ceux qui enjolivent leur métier ou qui, sans le vouloir, suivent les critères à la mode. La calligraphie demeure une discipline quotidienne, un engagement total qui passe par le silence ou par un cheminement très proche de l’ascèse. « L’artisanat, observe-t-il est une filiation dont je suis très fier. Mon père m’a appris à ne pas ménager ma peine et à ne pas mentir aux autres afin d’être sincère avec soi-même ».
Laurent reste volontiers sur le registre de l’expérimental. La matière, la mise en relief de la trame et de la fibre, la juxtaposition de signes.
Un idéal qui l’astreint à recycler des papiers de différents grammages (Arches, Whatmann ou Fabriano) et à perpétuer un geste. « Dans mes travaux personnels, note t-il, je mèle souvent l’archaïque et le moderne. Il m’est ainsi arrivé de traver une écriture classique avec des outils de graphiste, ou, à l’inverse, d’effectuer une calligraphie contemporaine avec des outils rudimentaires » Valérie Marie Marchand
La calligraphie latine connaît un inconstestable renouveau. Il se traduit par sa redécouverte due au mouvement d’intérêt suscité par les calligraphies arabes, chinoises et japonaises en Occident. Aujourd’hui reconnaît Laurent Rébéna, le résultat m’intéresse moins que le geste lui-même »

Conférence « signe de rencontres » Salle des Etats
Ateliers de Calligraphie
Exposition aux Cuisines ducales